Présidentielle 2027 : la ministre Maud Bregeon, qui a rallié Édouard Philippe, va être sanctionnée par Renaissance… “Elle vient de la droite, ces gens-là rêvent de refaire l’UMP”
Est-ce l’amorce d’une bascule ? Alors qu’Édouard Philippe s’apprête à tenir son premier grand meeting de campagne ce week-end à Paris, il commence à engranger des ralliements et non des moindres. Lundi, celui de la porte-parole du gouvernement et ministre chargée de l’Énergie, Maud Bregeon, a agité les cercles macronistes. En effet, Maud Bregeon est non seulement un poids lourd du gouvernement, mais elle est aussi membre des instances dirigeantes du parti Renaissance. Elle aurait dû, à ce titre, soutenir le candidat issu de sa formation politique, Gabriel Attal. De plus, le conjoint de la ministre, Pierre Cazeneuve, est le vice-président du groupe Renaissance à l’Assemblée. L’ambiance promet d’être tendue dans les prochains jours sur les bancs centraux de l’hémicycle.
Certains, hier, tentaient de minimiser la portée du symbole : « Je ne suis pas surpris, connaissant le positionnement qui est le sien. Elle a déjà exprimé sa proximité avec Édouard Philippe mais aussi avec Bruno Retailleau. D’ailleurs, il est heureux que ce dernier n’ait pas été plus haut dans les sondages, sinon c’est lui qu’elle aurait rallié », nous confiait hier un macroniste historique, soulignant ainsi un certain opportunisme. Et d’ajouter plus sérieusement : « Elle vient de la droite, de chez Juppé. Ces gens-là rêvent de refaire l’UMP »… D’autres ajoutent une autre explication plus prosaïque : « Maud est en conflit avec le premier cercle d’Attal et notamment avec Prisca Thévenot, son départ n’a donc rien d’étonnant ».
Mais Maud Bregeon ne serait pas la seule à rallier le maire du Havre. Dans les prochains jours, Mathieu Lefèvre, son collègue à la Transition écologique, pourrait lui aussi annoncer son soutien à l’édile. Or ces deux-là ont en commun d’être des proches de Gérald Darmanin. De là à imaginer la bascule de ce dernier ? Un député nous explique : « C’est comme des préliminaires, il ne faut pas aller trop vite, d’autant que Gérald est un peu démonétisé depuis l’affaire Lyhanna. Il faut qu’il attende un peu avant de se vendre au prix fort ». Toujours est-il que ces ralliements, après celui de l’ex-ministre sarkozyste Nathalie Kosciusko-Morizet il y a un mois et celui d’Éric Woerth hier, sont autant de coups durs pour Gabriel Attal.
Et si, en façade, ce dernier se montre placide, affirmant sur LCI : « Je ne me bats pas pour collectionner les visages autour de moi », hier, son entourage était bien plus dur avec Maud Bregeon. Elle « a sans doute fait ce choix en se disant que ça lui assurerait une place au chaud en 2027. Mais elle s’est plutôt tiré une balle dans le pied : on a déjà décidé du candidat fléché sur sa circonscription. Quand on aura gagné, elle n’aura pas l’investiture. Et si on venait à devoir dealer, il n’y aura pas de deal qui épargnerait ce type de comportement. Donc c’est perdant-perdant », assurait-on à La Dépêche. Un député Renaissance ajoute : « Menacer ainsi de conséquences immédiates pour les législatives, c’est la bonne stratégie. C’est nécessaire pour éviter les départs perlés, car le risque, c’est que ça s’enchaîne ».
Il y a donc urgence à éviter une hémorragie, d’autant que le patron de Renaissance, moins bien placé dans les sondages, va avoir du mal à générer un mouvement similaire. « Pour Attal, les ralliements vont être une difficulté à laquelle il va devoir répondre, mais je ne vois pas comment », reconnaissait hier un député macroniste. C’est souvent ainsi que s’amorce une bascule.
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